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TAXE AU KILOMÈTRE SUR LES VOITURES ÉLECTRIQUES : LA FRANCE POURRAIT-ELLE SUIVRE LES AUTRES PAYS ?

Pendant des années, l’un des principaux avantages de la voiture électrique a été simple : pas d’essence, pas de diesel et donc pas de taxe sur les carburants à chaque kilomètre parcouru.

Mais à mesure que le parc automobile s’électrifie, une question devient de plus en plus importante pour les États : comment remplacer progressivement les recettes fiscales générées par les carburants ?

Plusieurs pays ont déjà choisi une réponse : faire payer les automobilistes en fonction du nombre de kilomètres parcourus.

Alors, faut-il s’attendre à une taxe kilométrique sur les voitures électriques en France ?
 

Pourquoi les États réfléchissent-ils à une taxe au kilomètre ?

Le problème est avant tout fiscal.

Lorsqu’un automobiliste roule avec une voiture essence ou diesel, une partie importante de ce qu’il paie à la pompe correspond à des taxes.

À l'inverse, le propriétaire d'un véhicule 100 % électrique recharge son véhicule avec de l'électricité et échappe naturellement à cette fiscalité spécifique sur les carburants.

Plus le nombre de voitures électriques augmente, plus cette source historique de recettes est donc amenée à diminuer.

Ce phénomène est parfaitement identifié en France : les travaux publics consacrés aux conséquences économiques de la transition énergétique soulignent que l'électrification du parc automobile entraîne une érosion progressive des recettes de fiscalité routière à fiscalité inchangée.

Le problème ne se pose donc pas seulement en France : il concerne pratiquement tous les pays qui électrifient rapidement leur parc automobile.

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La Nouvelle-Zélande fait déjà payer les voitures électriques au kilomètre

La Nouvelle-Zélande est probablement l'un des exemples les plus intéressants.

Les véhicules électriques y sont intégrés au système de Road User Charges (RUC).

Le principe est très simple : au lieu de payer une taxe indirectement en achetant du carburant, le conducteur paie en fonction de la distance parcourue.

Le ministère néo-zélandais des Transports précise que les véhicules électriques, les véhicules diesel et les poids lourds sont soumis aux Road User Charges.

À terme, le gouvernement souhaite même faire évoluer le système afin que davantage de véhicules contribuent au financement des routes selon leur utilisation.

Autrement dit, l'objectif n'est plus nécessairement de « taxer l'électrique », mais de taxer l'utilisation de la route indépendamment de l'énergie utilisée par le véhicule.
 

L'Islande est allée encore plus loin en 2026

Depuis le 1er janvier 2026, l'Islande applique un système particulièrement intéressant.

Une taxe kilométrique concerne désormais les véhicules quelle que soit leur source d'énergie.

Pour une voiture ou un SUV de moins de 3,5 tonnes, le tarif de référence est actuellement de 6,95 couronnes islandaises par kilomètre, avec une taxation qui augmente ensuite en fonction du poids du véhicule.

Le kilométrage est notamment établi grâce au relevé du compteur.

L'Islande illustre probablement ce vers quoi pourrait évoluer la fiscalité automobile dans plusieurs pays : une taxation qui ne serait plus uniquement basée sur le carburant consommé mais sur :

  • le nombre de kilomètres parcourus ;

  • le poids du véhicule ;

  • éventuellement sa catégorie.

Et le Royaume-Uni ?

Le Royaume-Uni fait également partie des pays où la question du remplacement progressif des recettes provenant des carburants est devenue un véritable sujet politique.

C'est logique : plus les ventes de véhicules électriques progressent, plus les gouvernements doivent réfléchir à une fiscalité automobile compatible avec un parc dans lequel essence et diesel deviennent minoritaires.

Les différentes réflexions menées en Europe montrent donc une tendance de fond : à long terme, la fiscalité automobile pourrait progressivement passer d'une taxation du carburant à une taxation de l'utilisation du véhicule.
 

Et en France : existe-t-il déjà une taxe au kilomètre sur les VE ?

Non.

C'est important de le préciser.

En août 2026, il n'existe pas en France de taxe nationale imposant au propriétaire d'une voiture électrique de payer une somme pour chaque kilomètre parcouru.

La fiscalité française continue même à conserver certains avantages spécifiques pour l'électrique.

Par exemple, le barème fiscal des frais kilométriques bénéficie toujours d'une majoration de 20 % pour les véhicules 100 % électriques.

Il faut donc distinguer les réflexions sur la future fiscalité automobile d'une mesure réellement votée.

À ce jour, annoncer qu'une taxe kilométrique sur les voitures électriques est décidée en France serait donc prématuré.
 

Mais pourrait-elle arriver un jour ?

Chez VO-ELEC, nous pensons qu'il faut distinguer le court terme du long terme.

À court terme, une taxation spécifique importante des voitures électriques pourrait être contre-productive.

La France cherche encore à accélérer l'électrification du parc automobile. Augmenter brutalement le coût d'utilisation des VE pourrait ralentir cette transition.

En revanche, à moyen ou long terme, la question paraît difficilement évitable.

Lorsque plusieurs millions de véhicules thermiques auront été remplacés par des voitures électriques, les recettes liées aux carburants diminueront mécaniquement.
 

L'État devra alors choisir entre plusieurs solutions :

1. Augmenter d'autres impôts ou taxes

2. Taxer davantage l'électricité utilisée pour la recharge, solution techniquement complexe puisque l'électricité sert évidemment à beaucoup d'autres usages.

3. Développer les péages ou une tarification routière

4. Mettre en place une contribution basée sur le kilométrage parcouru

Cette dernière solution possède un avantage majeur : elle reproduit partiellement la logique actuelle du carburant.

Plus vous roulez, plus vous contribuez.

Quelle probabilité d'une taxe kilométrique en France ?

Il est évidemment impossible de prévoir une future décision politique.
 

Mais nous pouvons donner notre lecture.
 

Avant 2028 : probabilité plutôt faible

Une taxe kilométrique généralisée sur les voitures électriques nous paraît difficile à mettre en place rapidement alors que la France cherche encore à développer le marché du VE.
 

Entre 2028 et 2035 : probabilité nettement plus importante

À mesure que la part des véhicules électriques augmentera, la question des recettes fiscales deviendra beaucoup plus importante.

Les expériences étrangères permettront également à la France d'observer les avantages et les défauts des différents systèmes.
 

À très long terme : une réforme de la fiscalité automobile paraît quasiment inévitable

Le système actuel repose largement sur un monde automobile dominé par l'essence et le diesel.

Or ce monde est progressivement en train de changer.

Cela ne signifie pas nécessairement qu'il existera une « taxe sur les voitures électriques ».

Il pourrait plutôt s'agir d'une nouvelle fiscalité applicable à tous les véhicules, calculée selon leur utilisation.
 

Combien pourrait coûter une taxe de 3 centimes par kilomètre ?

Prenons simplement un exemple théorique.

Avec une taxe de 0,03 € par kilomètre :

10 000 km/an = 300 € par an

15 000 km/an = 450 € par an

20 000 km/an = 600 € par an

30 000 km/an = 900 € par an
 

Pour un gros rouleur, l'impact pourrait donc devenir significatif.

Mais il faut remettre ces montants en perspective avec le coût d'utilisation d'un véhicule thermique.

Même avec une future contribution kilométrique, un véhicule électrique rechargé principalement à domicile conserverait potentiellement un coût énergétique très inférieur à celui d'une voiture essence consommant plusieurs litres aux 100 km.
 

Une taxe qui pourrait aussi dépendre du poids ?

C'est probablement l'une des pistes les plus intéressantes.

Une petite citadine électrique de 1 300 kg et un SUV électrique de 2 500 kg n'ont pas exactement le même impact sur les infrastructures.

L'Islande applique justement une logique dans laquelle le poids intervient dans le calcul.
 

À terme, on pourrait donc imaginer une fiscalité automobile reposant sur plusieurs critères :

kilométrage + poids + catégorie du véhicule.

Cela aurait également l'avantage de ne pas opposer systématiquement voitures thermiques et voitures électriques.
 

Faut-il repousser l'achat d'un VE à cause de cette éventuelle taxe ?

Selon nous : non.

Aujourd'hui, la taxe kilométrique sur les voitures électriques n'existe pas en France.

Acheter son véhicule en anticipant une fiscalité qui pourrait éventuellement apparaître dans plusieurs années n'aurait donc pas beaucoup de sens.

Les critères essentiels restent :

  • le prix d'achat ;

  • l'autonomie réelle ;

  • le coût de recharge ;

  • l'état de la batterie ;

  • le SOH ;

  • la garantie batterie ;

  • le kilométrage annuel ;

  • la valeur de revente.

Sur le marché de l'occasion, la baisse du prix de nombreux véhicules électriques rend d'ailleurs l'équation économique particulièrement intéressante.
 

L'avis VO-ELEC

La question n'est probablement pas de savoir si la fiscalité automobile va évoluer, mais plutôt quand et sous quelle forme.

La disparition progressive de l'essence et du diesel obligera les États à repenser un système fiscal construit depuis des décennies autour des carburants.

La Nouvelle-Zélande et l'Islande montrent qu'une taxation basée sur l'utilisation réelle de la route est techniquement possible.

Mais en France, aucune taxe kilométrique nationale sur les voitures électriques n'est actuellement en vigueur.

Il faut donc éviter les titres alarmistes laissant penser que chaque propriétaire de VE va prochainement recevoir une facture au kilomètre.

Le sujet mérite néanmoins d'être surveillé de très près.

Et chez VO-ELEC, nous continuerons à décrypter ces évolutions pour expliquer concrètement leur impact sur le coût réel d'utilisation d'une voiture électrique.

 


Arnaud Maurey, co-fondateur VO-ELEC

Spécialiste du véhicule électrique d'occasion

🏆 Prix Spécial du Jury EMVO 2026

🎤 Intervenant au salon Moove On

⭐ Plus de 170 avis Google 5★

🚗 Plus de 400 véhicules électriques vendus


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